Je me suis intéressé à ce qui se passe autour et à proximité de ce monstre industriel. Comment évolue et se construit le paysage en dehors des limites de l'usine.
J'ai parcouru, dans la limite des possibles, la frontière entre deux espaces. J'ai suivi la ligne formée par les hauts grillages, afin de tenter de comprendre ce qui se joue en terme de voisinage.
Alternativement, forêts, sources de matière première, zones en chantier, en réaménagement, remuées et scarifiées par les pelleteuses, ancienne déchetterie sauvage, routes, chemins de fer et canal, lotissement d'habitation et campement de gens du voyage forment le proche environnement de l'usine.
Sans jamais pénétrer sur le territoire privé, je voulais comprendre ce qui se tramait entre deux zones.
Telle une verrue gigantesque surgie de la terre, l'usine vit, sonne, fume, gronde, impactant l'espace dans lequel elle s'est installée. Impossible d'en être proche sans le savoir. Même au nez. Et pourtant, on y croise chevreuils et écureuils, qui vivent leur vie sauvage, dans des lieux parfois improbables.
Etrange sensation que celle d'errer autour de la zone, encerclée de hauts monticules artificiels de protection, simulacres de collines créées de toutes pièces, et d'entendre, de sentir, de palper presque l'énergie déployée à la production juste là, derrière les bosquets.
norske skog Golbey fonctionne 24 heures sur 24, et fait vivre plus de 500 personnes.
La présente série a fait l'objet d'une publication dans le numéro 2
[mars 09] de LIGHT_ web revue photographique_